L’elearning est il un moyen d’apprentissage vraiment efficace ?
Derrière ce titre un peu provocateur je voudrais attirer l’attention sur les résultats d’une étude Américaine qui tente de répondre à cette question. Le compte rendu de l’étude est disponible ici. En réalisant une méta analyse, c’est à dire en compilant et analysant un pool de 99 expériences portant sur l’elearning, le cabinet a voulu dégager et chiffrer la réussite de ces programmes. Efficacité est ici entendue dans le sens brut du terme: les résultats obtenus à l’issue de tests. Les aspects confort, intérêt et pédagogie sont ici mis de côté pour considérer uniquement la réussite ou non des apprenants à une épreuve.
Cette étude commandée par le département américain de l’éducation fait partie d’un audit plus global de l’elearning dans les écoles Américaines. L’introduction nous donne d’ailleurs quelques chiffres du marché Américain qui nous rappellent que l’elearning dans le système éducatif outre Atlantique est une tendance forte:
- en 2008 près d’un million d’élèves pre-Bac ont pris des cours en ligne lors de leur année, soit une croissance de 43% par rapport à 2006
- en 2007 près de 28 états proposaient des classes de lycée 100% en ligne
L’intérêt du gouvernement pour l’elearning n’est pas nouveau et reste motivé par la réduction des coûts, la possibilité de rendre accessible des formations sans contrainte géographique (pour les formations rares par exemple) et enfin l’adaptation des méthodes d’apprentissage à un public de plus en plus friand des nouvelles technologies.
Mais revenons à notre étude, fait surprenant après avoir recensé plus de 1100 études expérimentales ils constatèrent que seules 99 contenaient assez de données pour pouvoir comparer les 3 types d’apprentissage : l’apprentissage 100% en ligne, le blended elearning ou apprentissage mixte ( = combinaison de cours classiques et d’activités en ligne), et enfin les cours classiques en présentiel (cours magistraux). C’est sur cette base que les conclusions suivantes ont été obtenues :
1 Les élèves ayant suivis un cursus 100% en ligne ont mieux réussis que ceux uniquement en classe. Le résultat est tout de même à tempérer puisque lors de ces expériences les conditions n’étaient pas forcément les mêmes entre les différents groupes testés (temps d’apprentissage, matériel pédagogique…)
2 Les élèves suivant un apprentissage mixte (elarning +présentiel) ont mieux réussi que leurs homologues 100% présentiel. Même remarque que précédemment au niveau des résultats puisque les conditions n’étaient pas forcément homogènes entre les groupes.
3 Seul le temps passé sur les taches et le type d’apprentissage (mixte ou 100% en ligne) se sont révélés des facteurs significatifs dans les résultats aux tests. Le type de média (vidéo, audio, quizz en ligne) ou encore le type de plateforme n’impactent pas de façon importante les résultats aux tests.
4 l’efficacité est constaté sur un large public et une grande variété de matières :lycéens, étudiants… pour les maths, la médecine etc…
En conclusion nous pouvons tout d’abord constater que le peu d’études comparant les 3 types d’enseignements (100% en ligne, mixte et en présentiel) ne permet pas de tirer des conclusions définitives mais force est de constater que la majorité de celles-ci met en évidence un avantage de l’utilisation de l’elearning en complément des cours traditionnels.
Le manque d’homogénéisation des conditions dans lesquelles se déroulèrent les études ne permet pas d’avancer d’explications sur cette plus grande réussite. Plus de temps passé devant l’écran? Plus grande implication ? Plus grande flexibilité ? Matériel pédagogique différent ? Bref les causes restent floues et seuls d’autres études permettront d’y voir plus clair.
L’étude se limite également à l’efficacité « pure» de ces programmes, le confort de l’élève, son intérêt, sa facilité de compréhension ne sont pas pris en compte or on sait que les résultats ne font pas tout, et le ressenti autant de l’élève que du professeur sont primordiaux pour le long terme.
Enfin il est intéressant de constater que le domaine de l’elearning, longtemps restreint aux cours vidéos/audio ou logiciels, s’ouvre depuis quelques années vers des applications collaboratives et interactives ( rendues possible par internet). Cette nouvelle tournure s’illustre dans le panel d’études pris en compte puisque la majorité des expériences comparant les différents types d’apprentissages, n’ont été réalisées qu’à partir de 2004.
L’amélioration du matériel pédagogique électronique, des plateformes d’elearning et autres méthodes passeront par de telles études qui permetront de chiffrer et cibler les facteurs de succés de tels programmes.









Merci pour cet article très intéressant.
Bonne continuation !
Etude intéressante qui devrait inspirer notre pays : l’Algérie, où une option a été prise pour le blended-learning. Néanmoins les contenus doivent être impérativement mis en place avec toute l’intéractivité nécessaire pour améliorer la qualité de nos enseignements dans le secondaire et aussi dans le supérieur!
@OuassimD merci de vos encouragements!
@Pro.Linda Tout à fait d’accord sur la mise en place des contenus. La difficulté dans l’elearning est que la chaîne pédagogique est longue: il faut que la plateforme d’accès (par mail, par site internet…), les moyens (ordinateur, téléphone, tableau interactif…), les contenus et enfin les pédagogues s’articulent parfaitement! Une faiblesse dans la chaîne entraîne souvent la déception.
En tout cas si vous désirez partager votre expérience dans cette mise en place n’hésitez pas, cela serait très intéressant je pense!
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