Vers la fin des manuels scolaires?

On m’a envoyé aujourd’hui sur twitter un article du New York Times datant du 8 aout dernier et intitulé “In a Digital Future, Textbooks Are History“, en gros “pourquoi dans quelques temps les manuels scolaires appartiendront à l’histoire”. Et je dois avouer que cet article est non seulement très intéressant mais ouvre également beaucoup de pistes de réflexion. Je vous en conseille vivement la lecture mais pour résumer il nous présente les points de vue de différents acteurs de l’éducation qui nous expliquent pourquoi les fameux manuels scolaires sont voués à la disparition.
Je sais le milieu éducatif français est peut être un peu moins fan du “numérique” qu’aux Etats Unis et la digitalisation généralisée des ouvrages scolaires n’est pas pour demain dans les écoles (ne vous inquiétez pas c’est aussi loin d’être le cas la bas) MAIS je vais quand même me faire l’avocat du diable et vous dire pourquoi je pense que c’est une bonne chose (il s’agit donc d’un avis personnel)
La fin des manuels scolaires papier c’est bien car:
- la production numérique coûte moins cher, finies les chaînes de production et de distribution, tout passera par internet, le prix du livre numérique sera donc moins élevé.
- pour ceux qui veulent une copie papier, il suffira de la commander directement à l’éditeur.
- le contenu pédagogique pourra enfin évoluer: plus de vidéos, d’interactivité, d’exercices avec correction automatique, bref on passe de l’ère du livre moyen linéaire et statique d’apprentissage à un outil dynamique s’adaptant à chacun.
- le mouvement est déjà en marche: la génération actuelle (digital natives) est déjà immergée dans le numérique, le manuel scolaire va devenir “dépassé”.
- moins de livres c’est moins de papier, donc moins d’arbres coupés, c’est bon pour la planète.
Le passage aux ouvrages numériques c’est bien car:
- on passe d’une logique auteur-éditeur-élèves à une logique auteur-élève: il sera possible à tout un chacun d’accéder aux cours et matériel scolaire des meilleurs enseignants, des plus pédagogues.
- les meilleurs enseignants ne seront plus limités géographiquement et pourront donc diffuser leur savoir à beaucoup plus d’élèves.
- cela donnera également le moyen aux enseignants de choisir plus d’ouvrages pour leur classe.
Le numérique entraine un changement de modèle économique, le gratuit:
- comme pour la musique le modèle des ouvrages scolaires est à bout de souffle: pourquoi payer un ouvrage si cher alors que l’on trouve plein de superbes ressources sur internet: souvent gratuites, parfois interactives, l’avenir c’est la ressource numérique gratuite.
- Comment se rémunéreront les auteurs? par la vente de copies papiers, les services annexes apportés au livre (chapitre supplémentaire…), la personnalisation (correction personnalisée, modules propres à des établissements…).
- Impossible me dites vous? flat world college est une place de marché ou les auteurs mettent à disposition gratuitement la version numérique de leurs ouvrages et font payer la version papier. Près de 400 “colleges” (universités Américaines) sont déjà partenaires.
- Mais alors comment savoir si ces ouvrages sont de qualités? gratuit n’est pas synonyme de médiocre. Des associations de professeurs mettent déjà à disposition des ouvrages numériques gratuits. Par exemple Sesamath pour la France ou encore CK12 pour les usa.
Pourquoi je rêve et que ce n’est pas pour demain:
- il faudrait équiper toutes les écoles, sans parler des coûts du matériel il ya également la formation du personnel et des élèves.
- tout le monde n’a pas accès à un ordinateur à son domicile, il ne faut pas creuser la fracture numérique.
- beaucoup de mentalités à changer!
Si vous n’êtes pas d’accord ou au contraire si vous l’êtes n’hésitez pas à nous le dire dans les commentaires.









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