Amélioration de l’enseignement elearning: quelques pistes

Cet article fait suite au post « l’elearning est il un moyen d’apprentissage vraiment efficace ? » qui se penchait sur les résultats, forts intéressants, d’une étude américaine sur l’efficacité de l’elearning. Et bien non content d’avoir compulsé plus de 1100 expériences pour cette analyse chiffrée, ils nous offrent également une étude qualitative assez instructive. Ils ont d’abord isolé 8 critères composant en général un programme d’elearning et aux vues des études, déterminé si ces facteurs avaient un réel impact sur la réussite des élèves. Parmi ces 8 facteurs 4 sont particulièrement intéressants :
- Le format d’apprentissage : mixte (blended) ou 100% en ligne
- La variété des contenus : image, vidéo, audio…
- Le type d’apprentissage : interactif ou « passif »
- L’ajout d’outils « d’auto-reflexion »
L’enjeu est de savoir quels sont les leviers à actionner pour proposer un service elearning de qualité.
1 Le format d’apprentissage: mixte ou 100% en ligne ?
Des 10 études comparant les deux formes possibles d’elearning il ressort assez clairement… qu’il n’y a pas de différences significatives! La majorité des expériences utilisent le même protocole : une classe est séparée en deux groupes, le 1er assiste à un cours classique en salle puis effectue les devoirs, le partage et la recherche d’information en ligne. Le second groupe suit le même traitement sauf que le cours n’est pas dispensé par un enseignant mais se déroule en ligne grâce à des présentations powerpoints ou du texte. Dans la majorité des cas les résultats aux examens ne montrent pas de différences notables entre les 2 méthodes d’enseignement.
Néanmoins les résultats sont à prendre avec des pincettes d’une part car la conclusion n’a pu s’appuyer que sur une dizaine d’études et d’autre part car la composante « présentielle » se limite à une lecture de cours classique. Passer au tableau, assister à un TP, travailler en petits groupes sont autant de méthodes utilisées en classe, ici l’enseignement est cantonné au cours magistral, ce qui est fort dommage!
2 La variété des medias (images, texte, graphiques, audio, vidéo…) influe-t-il les résultats des élèves ?
Pour tout avouer j’ai été assez surpris de ce résultat mais la variété des médias contenus dans le matériel pédagogique en ligne ne joue pas de rôle dans la réussite des élèves. Ainsi un professeur proposa à une moitié de sa classe un site sur lequel se trouvait le texte brut de la leçon et à l’autre moitié une version améliorée contenant vidéo, graphiques et une mise en page plus attractive (couleurs, images). Et bien lors des tests les deux groupes se débrouillèrent aussi bien l’un que l’autre. Une autre expérience assez révélatrice a consisté à soumettre à trois groupes trois types de supports : un cours classique, un cours en vidéo mais non interactif (lecture passive) et enfin le dernier via vidéo interactive (possibilité de revenir en arrière de stopper, d’accélérer etc…). Les deux premiers groupes obtinrent des résultats similaires alors que ceux disposant des vidéos interactives firent bien mieux. L’important n’est donc pas le media qui ne reste qu’un moyen de diffuser l’information.
3 Le type d’apprentissage : interactif ou passif ?
Dans ce cas il n’y a pas photo puisque les résultats penchent très en faveur des étudiants suivant des cours interactifs. Par interactif on entend la possibilité pour l’apprenant d’agir directement sur le matériel pédagogique, de devenir en quelque sorte acteur de son apprentissage et non plus simplement spectateur. En 2008 un professeur de statistique a réalisé l’expérience suivante : Sur 3 classes il a établi 2 groupes : le premier suivant le cours en ligne avec quelques exercices de manipulation de données le second suivant le même cours mais avec beaucoup plus d’outils interactifs (avec un contenu identique pour tout le monde). A l’issue des tests les élèves ayant eu à disposition les outils interactifs réussirent bien mieux que leurs homologues, et ce sur les 3 classes.
4 L’ajout d’outils « d’auto-réflexion »
Sous ce terme barbare d’outils “d’auto-réflexion” j’entends des outils qui: 1 poussent l’élève à rechercher l’information par ses propres moyens (questions ouvertes, liberté dans le choix des sources…) 2 demandent à l’élève de s’auto évaluer à l’issue des questions (combien pensez vous avoir de réponses correctes? Sur quels types de questions êtes vous le moins à l’aise etc…). Les élèves qui passent des tests favorisant l’auto réflexion réussissent mieux en moyenne. D’une manière générale l’utilisation de tels modules améliore les résultats des apprenants.
Ce qui ressort de cette étude qualitative est la dimension “interactive”, primordiale pour son succès. Permettre à l’apprenant d’agir sur le matériel pédagogique, d’enclencher et guider sa réflexion, de lui laisser le temps d’analyser ses propres résultats renforcent son apprentissage. On pourrait avancer plusieurs explications:
- intérêt plus grand lorsque l’on peut manipuler et mettre en pratique la théorie
- responsabilisation plus grande lorsqu’on nous donne le choix des moyens et des sources d’informations
- gratification personnelle : réussir par ses propres moyens est bien plus gratifiant que de suivre bêtement des instructions









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